Télévision et internet : faut-il jeter le vieux poste ?

Article publié sur Tous Les Clics le 01 septembre 2009

De plus en plus de téléspectateurs regardent leurs programmes préférés sur la toile. Gros plan sur la catch-up tv, nouvelle façon de consommer la télévision.

La télé comme je veux, quand je veux

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C’est un peu ça la définition de la catch-up tv (ou télé de rattrapage). « Ce service fonctionne sur un principe simple : la possibilité de personnaliser et d’individualiser sa consommation télévisuelle », explique Patrick Suquet créateur du site tvarevoir, sorte de magazine télé du web qui compile les offres de rattrapage proposées par les différentes chaînes.

La catch-up tv se définit par la possibilité de voir ou revoir gratuitement des programmes déjà diffusés pendant une durée limitée (de 7 à 30 jours).

Elle se différencie de la VOD (vidéo à la demande) qui propose à l’internaute de visionner le programme de son choix (film, série…) sans aucune limite dans le temps.

Cette nouvelle façon de regarder la télévision a été rendue possible par l’avènement du web.

Une utilisation complémentaire

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Pour accompagner cette évolution inéluctable, les chaînes hertziennes ont développé leurs offres en ligne.

« Il n’y a pas de combats entre les nouveaux médias et la télévision, mais des synergies », a déclaré Nonce Paolini, le patron de TF1 lors de la présentation en avril 2009 de la nouvelle version du site tf1.fr.

Dans les bureaux de la première chaîne française, on semble réaliser que la vidéo et l’Internet ne menacent pas directement la télévision traditionnelle mais peuvent, au contraire, la compléter.

En général, les utilisateurs de la catch-up picorent plus qu’ils ne dévorent. Ils ne restent pas longtemps en ligne et ne regardent pas forcément le programme en entier, ne sélectionnant qu’un extrait ou bien en s’arrêtant en route. Un site bien fourni et alléchant permet d’attirer un nouveau public, sans doute plus urbain et plus jeune que la fameuse ménagère de moins de 50 ans, cible privilégiée des annonceurs.

Séduire de nouveaux consommateurs et conserver les habitués, voilà l’objectif de ces offres. « Il est réducteur de penser que seuls les pros de la génération web utilisent ces services, précise Patrick Suquet. La plupart des foyers français possèdent un ordinateur et une connexion Internet et tous sont susceptibles de surfer sur les sites pour visionner un reportage ou une émission. »

Un modèle économique en devenir

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Si le système fonctionne plutôt bien, il ne concerne pas encore l’intégralité des  programmes phares.

Les chaînes mettent à disposition 60 à 80% de leur grille mais les films ou les rencontres sportives (ainsi que certaines séries) ne figurent pas sur la liste pour des questions de droits.

Pour l’instant, aucune chaîne n’a pu établir de modèle économique viable et ces sites ne sont pas rentables. Mais les chaînes ont bon espoir d’atteindre un jour l’équilibre.

L’avenir se jouera donc sur l’Internet. Mais pas uniquement pour Patrick Suquet qui refuse de croire que le bon vieux poste de télé ait dit son dernier mot. « Dès qu’une nouveauté apparait, on crie à la mort des outils précédents, c’est ridicule. La télévision n’a pas tué le cinéma et l’Internet ne tuera pas la bonne vieille télé. Bien sûr, l’Internet va favoriser les consommations individualistes et solitaires mais pour les grands rendez-vous sportifs ou les films populaires qui permettent aux gens de se rassembler, rien ne remplacera le petit écran. »