Pratique très ancienne, le plagiat a changé de visage avec la généralisation d’internet. Certaines études montrent que 4 élèves sur 5 ont recours au « copier-coller » dans leurs devoirs…

Le plagiat évolue avec le net ! DR
L’université en première ligne
Selon plusieurs experts, l’université serait l’une des premières victimes du plagiat. Les cas de copier-coller dans l’université française seraient plus nombreux que l’on ne le croit. Pour Jean-Noël Darde, universitaire et auteur du blog archéologie-copier-coller.com, « internet favorise le plagiat en donnant accès à une infinité de textes et en permettant le copier-coller. »
Pour faire face à ce fléau, de plus en plus d’écoles et d’universités utilisent des logiciels antiplagiat. Ces systèmes confrontent les devoirs des élèves avec tous les documents du web pour souligner les ressemblances entre les textes. Une pratique qui a fait ses preuves même si la paraphrase ou la traduction ne sont pas ou peu sanctionné.
Mais il ne faut surtout pas croire que le plagiat universitaire est né avec internet. Selon les experts, des cas de plagiats ont été démasqués sur des thèses vieilles de plus de 2 siècles. La copie de texte manuscrit est d’ailleurs toujours d’actualité. « Dans la majorité des cas que j’ai traité, le plagiat se faisait à partir de textes imprimés », précise Jean-Noël Darde. Des plagiats qui ne peuvent être repérés par les logiciels si les textes ne sont pas numérisés.
La volte-face de Wikipédia
Symbole d’internet avec près de 19 millions de visiteurs uniques par mois en France, Wikipédia a d’abord connu le banc des accusés avant d’être à son tour plagié. L’encyclopédie en ligne écrite par des internautes bénévoles est régulièrement victime de copier-coller. Parfois, les coupables sont même très connus.
Dans son livre « La carte et le territoire », Michel Houellebecq a recopié de longs extraits du site. La description de la mouche domestique et de la ville de Beauvais ou le portrait de Frédéric Nihous sont clairement tirés de l’encyclopédie participative. Une pratique reconnue depuis par l’écrivain récompensé d’un Prix Goncourt. L’encyclopédie apparaîtra dans les remerciements de la version numérique.
Michel Houellebecq n’est pas le seul à s’inspirer de Wikipédia pour écrire. Dans son livre « Le mieux est l’ami du bien », l’homme politique Frédéric Lefebvre utilise illégalement l’encyclopédie en recopiant certains passages. Selon le site Slate.fr, l’ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy se serait également inspiré d’une dépêche AFP et des articles du journal La Depêche…
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