Myriam Quéméner est magistrate au parquet général de Versailles. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la cybercriminalité, dont « Cybercriminalité, droit pénal appliqué 2010 », chez Economica et « Établissements financiers et cyber fraudes » à la Revue Banques.

Myriam Quéméner : "Les cyberdélinquants sont astucieux et déjouent les systèmes les plus sécurisés." DR
Quelle est la définition de la Cybercriminalité ?
Myriam Quéméner : La cybercriminalité est une forme de crime organisée. Cela regroupe les infractions strictement informatiques comme les piratages ou la saturation de serveurs par l’envoi de messages. Cela comprend également la criminalité classique comme les escroqueries à grande échelle, les fraudes et l’usurpation d’identité. Enfin, la cybercriminalité concerne aussi la pédopornographie via internet et le racisme. On appelle cela les infractions de contenu.
La cybercriminalité est-elle en hausse ?
Myriam Quéméner : C’est vrai que le recours à internet est assez pratique pour les délinquants. Quand il faisait une infraction avant, ils en font 100 simultanément aujourd’hui. Internet démultiplient les infractions. En plus, un cyberdélinquant peut commettre une infraction à l’étranger avec des conséquences à l’autre bout du monde. Cela complique beaucoup les enquêtes puisqu’il faut une dimension internationale. Il faut donc agir au minimum, au niveau européen et développer des accords avec des pays concernés comme des pays de l’ancien bloc soviétique par exemple. Là -bas, beaucoup de personnes ont des difficultés économiques et de vraies connaissances informatiques. Il existe aussi des cyberparadis comme la Chine. Ce sont des pays qui n’ont pas encore de cyberlégislation.
Les internautes sont-ils plus en danger que les banques ou les États ?
Myriam Quéméner : Tout le monde est concerné. C’est pourquoi nous devons nous allier contre ce fléau qui concerne toutes les sociétés. Il y a de gros moyens qui sont mis en oeuvre pour protéger les États et des établissements qui ont des données sensibles. Mais les exemples de problèmes et d’attaques sont nombreux. Les cyberdélinquants qui agissent en bandes organisées sont astucieux et déjouent les systèmes les plus sécurisés.
Quel est votre conseil pour les internautes ?
Myriam Quéméner : Il ne faut évidemment pas ouvrir les pièces jointes d’un courriel dont on ne connaît pas l’expéditeur. Il faut être prudent sans diaboliser internet.
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