Michel Quillé est directeur adjoint d’Europol depuis 2006. Il est en charge du département opérationnel.

Michel Quillé : "Nous sommes là pour lutter contre l'utilisation détournée d'internet." DR
Qu’est-ce que Europol ?
Michel Quillé : Europol est une agence européenne chargée de lutter contre le crime organisé et le terrorisme. Nous centralisons les informations qui sont recueillies dans les états membres pour donner la dimension européenne de la criminalité. Nous coordonnons et soutenons les enquêtes.
Depuis quand la cybercriminalité est-elle combattue ?
Michel Quillé : La cybercriminalité est traitée au niveau européen depuis maintenant 4 ans. Cette lutte a été lancée sous la présidence française de l’Union européenne. On a vu, au fil des années, la part de cybercriminalité augmenter. Internet est un outil qui soutient toutes les formes de crime : le terrorisme, le vol de données bancaires ou encore la pédopornographie.
Pourquoi est-il nécessaire de mettre en place une force européenne ?
Michel Quillé : Le cadre géographique des crimes est souvent mondial et à minima européen. Dans la plupart des cas, le crime dépasse les frontières nationales pour se réaliser à l’échelle européenne (trafic du stupéfiant, cybercriminalité ou trafic d’être humain). Récemment, nous avons réussi une enquête pédopornographique qui concernait 13 pays, dont plusieurs pays européens et les États-Unis. Les services nationaux aident à ces enquêtes, mais la poursuite appartient à une agence européenne.
Vous ne luttez pas contre internet…
Michel Quillé : Nous sommes là pour lutter contre l’utilisation détournée d’internet. En général, l’internaute de base est lui même victime. Notre objectif à terme est de limiter la propagation de cette criminalité. Nous aidons à la répression, ce qui est une forme de prévention.
Quels sont les crimes les plus fréquents ?
Michel Quillé : C’est difficile de faire des statistiques. Les différentes formes sont représentées à parts égales. L’utilisation d’internet à des fins financières est en expansion constante. Le crime pédopornographique est constant.
Que faut-il faire si on constate que l’on est soi-même victime ?
Michel Quillé : La première chose à faire est de saisir les services de police des états membres. Tous les états ont spécialisé des fonctionnaires aptes à prendre ses plaintes et à transmettre très rapidement pour exploiter et mettre fin à ces infractions.
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