Internet et écologie : interview d’expert

Article publié sur Tous Les Clics le 01 août 2011
Cet article vous plait ?

Frédéric Bordage est reconnu comme l’un des meilleurs experts de la question environnementale sur internet.

Frédéric Bordage : "deux recherches sur Google rejettent 14 grammes de CO2 dans l'atmosphère." DR

Frédéric Bordage : "Deux recherches sur Google rejettent 14 grammes de CO2 dans l'atmosphère." DR

Qu’est-ce qu’un TIC durable ?
Frédéric Bordage : Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) regroupent tous les matériels informatiques et télécoms. L’objectif des TIC durables est double. D’une part, réduire l’empreinte écologique de ces matériels. D’autre part, utiliser ces technologies au service du développement durable. Le covoiturage est un bon exemple. Pour « industrialiser » cette démarche au niveau national, il faut un site web sur lequel l’offre et la demande de trajet se rencontre. Par la suite, les mobiles sont bien utiles pour retrouver son chauffeur ou son passager.

En l’état actuel des choses, internet est-il écologique ?
Frédéric Bordage : Non, car la construction du réseau internet (câbles transatlantiques, fibres optiques, routeurs, commutateur, etc.) a une empreinte écologique importante. L’alimentation électrique du réseau émet également du CO2 et des déchets radioactifs.

Avez-vous des chiffres pour évaluer l’impact du web sur la planète ?
Frédéric Bordage : Selon Greenpeace, le cloud computing ou « nuages informatiques » consommera 1963 milliards de kWh en 2020. Soit une augmentation de 400 % en 10 ans. Plus anecdotique, deux recherches sur Google rejettent 14 grammes de CO2 dans l’atmosphère, soit autant que pour faire chauffer une tasse de thé.

Les géants de l’internet et les grandes entreprises françaises ont-ils pris conscience de cette question ?
Frédéric Bordage : Oui, mais essentiellement pour des raisons financières. Moins leurs serveurs consomment d’énergie et moins la facture électrique est importante. Facebook vient de publier une liste de bonnes pratiques, Yahoo! s’est récemment installé au bord des chutes du Niagara pour bénéficier d’électricité hydraulique et Google refroidit ses serveurs avec de l’eau de mer. Ces géants du web montrent la voie.

Quelles sont les bonnes pratiques du web en matière d’écologie ?
Frédéric Bordage : Contrairement aux idées reçues, la pollution liée à la consommation électrique des sites web se concentre presque entièrement sur l’ordinateur des internautes. La consommation des serveurs est marginale. Le conseil le plus judicieux est donc trivial : utiliser le web uniquement quand on en a besoin. Plus généralement, je conseille à tous d’utiliser le plus longtemps possible son ordinateur et son téléphone et de rapporter ses équipements dans le magasin où on en achète un nouveau. Le vendeur a l’obligation légale de reprendre votre ancien matériel gratuitement.
————————–
Sur le même sujet :
Quel est l’impact des mails et d’internet sur l’écologie ?
Internet accusé de pollution aux USA
Une web série d’un nouveau genre sur Europe Écologie



Recommander cet article