Les plus avertis se souviennent du lancement en 2007 de l’album de Radiohead In Rainbows. Dès le premier jour de sa sortie, l’album était téléchargeable gratuitement dans la plupart des distributeurs du net.
Les consommateurs étaient alors libres de donner ou non une compensation financière au groupe. Le but ? Faire face au téléchargement illégal. Sans le vouloir, le groupe venait d’inventer le principe du Pay What You Want.
Repris en Angleterre, notamment dans les pubs et les restaurants, le « PWYW » est avant tout un outil de marketing et de communication. En acceptant une légère prise de risques financiers, les entreprises réalisent un double objectif. D’une part, elles font parler de leur produit ce qui en terme de marketing coûte relativement moins cher qu’une grosse campagne de publicité. D’autre part, elles attirent une nouvelle clientèle, les sites internet profitant par exemples de l’occasion pour se créer une nouvelle « mailing list ». Et le fait est que ça fonctionne puisque tous se réjouissent d’avoir sauter le pas.
Exemple de la généralisation du principe, cet été, un petit village autrichien invite 200 personnes à tester ses hôtels, restaurants et activités touristiques et à décider du prix que cela vaut. Même principe en France. Le site « je fixe le prix de mon séjour » vous propose de découvrir la montagne, en avant-première, dès les premières neiges. ( www.jefixeleprixdemonsejour.com ).
Dernier secteur d’activité touché : celui des jeux vidéos. Dans un geste similaire à celui de Radiohead, Eidos a innové à la rentrée en proposant de pré-commander son dernier jeu Championship Manager pour un prix au choix. Là encore, pas de geste commercial mais le secret espoir de voir revenir les fans partis en 2005 vers le concurrent Football Manager.
Du côté des consommateurs, personne n’est dupe. Brigitte, cliente de Brandalley depuis 2 ans, n’attend pas de miracle. « Il n’y a que de veilles collections mais à ce prix on peut trouver la perle rare. »
En ce qui concerne la restauration, même si dans la plupart des cas les boissons doivent être réglées au tarif indiqué sur la carte et même si l’offre est limitée dans le temps, les restaurateurs sont souvent contraints de réduire la quantité des aliments qu’ils utilisent. Mais qu’importe. « Ce qui m’a particulièrement plu, c’est que tout au long du repas je me suis vue dans la peau d’un critique culinaire, explique Françoise 48 ans. J’ai enfin pris le temps de déguster ce que j’avais dans mon assiette pour mieux l’apprécier à sa juste valeur. »
Notre dossier sur le paiement libre :
1. Interview d’Antoine Leloup, DG de Brandalley France
