Fréderic Agnès, Compilatio.net : « Nous proposons une aide à la recherche de plagiat. » 

Article publié sur Tous Les Clics le 01 août 2011
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Fréderic Agnès est le directeur de Compilatio.net, éditeur de logiciels antiplagiat.

Frédéric Agnès : "L'étudiant ne se rend même pas compte qu'en copiant un texte du web, il a fait un acte répréhensible par la loi." DR

Frédéric Agnès : "L'étudiant ne se rend pas compte qu'en copiant un texte du web, il fait un acte répréhensible par la loi." DR

Pouvez-vous présenter Compilatio.net ?
Fréderic Agnès : Compilatio est un logiciel de détection des copier-coller dans les travaux des étudiants. Nous travaillons avec des universités et des écoles soucieuses de préserver la qualité de leur enseignement. Ces universités peuvent souscrire à un abonnement et nous ouvrons des comptes aux professeurs. Ils n’ont qu’à charger les documents des étudiants et nous les comparons avec toutes les sources disponibles sur le web. Le logiciel va mettre en lumière toutes les similitudes avec les documents présents sur internet. En moyenne, le coût revient à 2 € par étudiant.

Certaines personnes affirment qu’il suffit de changer un mot pour passer entre les mailles du filet…
Fréderic Agnès : Nos algorithmes sont de plus en plus puissants. Nous sommes une aide à la recherche de plagiat. Nous partons du principe que tout élève a le droit d’utiliser internet. S’il est capable de reformuler les connaissances qu’il a ingurgitées, c’est très bien. En revanche, toutes les formes de copier-coller pures et dures sont interdites et repérées par le logiciel. C’est le même raisonnement pour les traductions. Nous estimons que dès lors qu’il y a un effort de traduction, c’est qu’il y a une ingurgitation de la connaissance. L’élève a plus ou moins appris sa leçon.

Quelles universités l’utilisent ?
Fréderic Agnès : Nous collaborons avec les universités de Lyon, la Sorbonne, l’ESSEC et des écoles d’ingénieurs comme Paris Tech. En Europe nous travaillons avec l’université de Genève et des écoles suisses. Là-bas, il existe un diplôme de maturité qui consiste à écrire un petit mémoire à la fin du secondaire.

Y a-t-il des chiffres ou des statistiques concernant le plagiat en France ?
Fréderic Agnès : Ce sont des chiffres confidentiels. Nos études montrent que 4 élèves sur 5 avouent avoir recours au « copier-coller » dans leurs devoirs. Les études menées par Compilatio permettent d’expliquer ce recours massif au plagiat. Plus qu’un manque de valeur éthique, c’est la facilité qu’offre internet pour trouver et réutiliser des textes qui séduit les étudiants. Les matières scientifiques sont autant victime que les sciences humaines.

Quel est le rôle d’internet ?
Fréderic Agnès : Avant le plagiaire était conscient de son acte. Aujourd’hui avec internet, c’est une pratique banalisée. L’étudiant ne se rend même pas compte qu’en copiant un texte du web, il a fait un acte répréhensible par la loi. C’est cela qui est vraiment inquiétant.

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