Drogué du web: êtes-vous cyberdépendant ?

Article publié sur Tous Les Clics le 16 novembre 2009
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Combien de temps passez-vous chaque jour à cliquer ? Que ce soit pour le travail ou par loisir, Internet se démocratise et rentre de plus en plus dans les usages. Les nouvelles possibilités qu’offre le web ont données lieu à de nouvelles pratiques et pour certains usagers, à de nouvelles addictions. Ceux-ci se focalisent de plus en plus sur leur vie virtuelle au détriment de leur vie sociale et deviennent peu à peu « cyberdépendants »


Cyberdépendance en croissance

N’avez-vous jamais entendu parler de jeunes hommes morts d’épuisement après avoir passé plus de 48 heures sur Internet, sans manger, boire ni dormir ? Ce phénomène reste heureusement extrêmement marginal. Mais le nombre de consultations que reçoivent les psychologues pour des cyber-problèmes ne cesse d’augmenter. Il faut dire qu’en dix ans, le nombre d’internautes français est passé de quelque 3 millions d’utilisateurs en 1999 à plus de 33 millions en 2009*.

La cyberdépendance, c’est quoi ?

La cyberdépendance présente deux symptômes communs à toute dépendance : le manque et la tolérance. Le sujet dépendant va manifester un besoin crucial de se procurer l’objet de sa dépendance et devra régulièrement augmenter la dose pour ressentir le même effet. Pour le Dr Véléa, psychiatre et addictologue, le cyberdépendant se distingue de l’internaute assidu par l’intensité avec laquelle il se focalise sur son ordinateur. Tandis que l’internaute assidu fait des pauses, le cyberdépendant reste focalisé sur son ordinateur pendant des heures, au détriment de toute autre activité.

A chacun son addiction

Selon le Dr Dan Véléa, on trouve au premier rang des cyberdépendances les jeux vidéo et jeux d’argent en ligne. Ce sont principalement les jeunes hommes qui sont touchés. Vient ensuite la dépendance à la cyber-communication, qui concerne majoritairement les femmes. La dépendance au cybersexe arrive en troisième position et connait une forte croissance. Elle touche principalement des hommes de 30 à 40 ans, mais s’étend à d’autres profils grâce aux messages érotiques qui apparaissent sur les écrans, notamment sur les sites de jeux vidéo. Viennent ensuite d’autres dépendances, comme les achats compulsifs en ligne, ou l’ « infolisme », la « maladie du siècle », qui consiste en la recherche obstinée et constante d’informations.

Dans tous les cas, mieux vaut s’informer sur sa dépendance. Il n’existe pas de médicaments pour se soigner, comme c’est le cas pour l’alcoolisme ou le tabagisme. Si l’autodiscipline s’avère trop difficile, une prise en charge ou une orientation par des spécialistes est sans doute la meilleure chose à faire.

Lire l’interview du docteur Jean-Charles Nayebi, expert de la cyberdépendance


Elodie Hercouet

* Source : Médiamétrie



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